Bandeau
Lycée Anguier - Mémoire des soldats de ma commune
Slogan du site

Mémoire des soldats de ma commune par les élèves du lycée Anguier à Eu. Ce site reprend les travaux des élèves du Lycée Anguier sur les monuments aux morts des communes du canton d’Eu en Seine Maritime d’où sont originaires les élèves. Ces recherches ont été réalisées sous la direction de Laurent Llopez, professeur d’histoire-géographie au lycée.

Auquemesnil et St-Quentin-au-Bosc : un monument pour deux communes

Un monument classique regroupant les morts pour la France de deux communes limitrophes


par Serge Ribault

St-Quentin-au-Bosc et Auquemesnil sont deux petites communes rurales et limitrophes de Seine-Maritime. A la veille de la guerre, elles sont très peu peuplées. D’après les chiffres du recensement de 1911, St-Quentin comptait 122 habitants et Auquemesnil en avait 256.

Cette faible population et les ressources financières limitées des deux communes les ont conduites à se regrouper pour financer et entretenir leurs équipements communaux. Le financement et la construction du monument aux morts illustrent cette politique de coopération qui démarré au 19ème siècle.

Un monument co-financé

Les délibérations des conseils municipaux des deux communes pour l’année 1919 montrent les différentes étapes de ce co-financement :

– En mai 1919, le conseil d’Auquemesnil décide de faire construire un monument et vote un crédit de 500 Francs à prendre sur le budget de 1920. Dans les semaines qui suivent, en juin 1919, le maire de St-Quentin, Mr de Badereau, propose au conseil de s’associer au projet de construction d’Auquemesnil et de voter un crédit de 300 Francs à prendre sur le budget de 1920. La proposition est acceptée par le conseil municipal. Des souscriptions sont également lancées auprès de la population des deux communes.

– En octobre 1919, une réunion à la mairie d’Auquemesnil où sont présents les conseillers des deux communes fait le point sur le financement du monument. Les fonds disponibles se répartissent de la manière suivante :

Origine des fondsMontants en Francs
Participation de la commune d’Auquemesnil
500
Souscription auprès de la population d’Auquemesnil
1960
Participation de la commune de St-Quentin
300
Souscription auprès de la population de St-Quentin
625
Total
3385

Les conseillers retiennent aussi, parmi les projets proposés, celui de la marbrerie Rivière de Dieppe qui s’élève à 3430 Francs.

– En vertu de la loi de juillet 1920 accordant des subventions aux communes construisant des monuments aux morts, la commune d’Auquemesnil demande en septembre 1920 une subvention de 100 Francs à l’Etat. Une mention portée en marge du registre précise qu’une subvention de 65 Francs a été accordée après examen du dossier. De son côté, en septembre 1920, St-Quentin demande une subvention de 78 Francs. Par contre, rien ne permet de savoir quel montant a été finalement reçu.

Le monument

Le monument est construit à côté du cimetière entourant l’église d’Auquemesnil sur un terrain de 21 m² donné par M. Boutoil à la commune. Le conseil municipal a accepté la donation lors de la réunion du 13 juillet 1919 et une inscription au pied du monument y fait également référence.

Par contre, il n’y a aucune référence à la date d’inauguration.

Le projet proposé par la marbrerie Rivière est de facture très classique : il s’agit d’un monument de béton gris en forme d’obélisque construit sur une estrade de quatre marches et entouré de quatre bornes reliées par des chaînes qui délimitent un petit enclos sacré. Sa signature figure sur la base du monument.

La symbolique est sobre avec une croix chrétienne et une palme, symbole de deuil, surmontant les dates du conflit.

Les inscriptions de couleur noire sont réparties sur le socle du monument :

– sur la face avant, une dédicace sobre dédiée aux morts des deux communes

– sur le côté gauche, les morts de la commune de St-Quentin classés par ordre alphabétique.

– sur le côté droit, les morts de la commune d’Auquemesnil classés par ordre alphabétique. André Derambure et Adolphe Poulain, qui semblent avoir été oublié au moment de la construction figurent en fin de liste. Les noms des soldats tués pendant la Seconde Guerre mondiale ont été ajoutés sur la face droite de l’obélisque.

Autres lieux de mémoire

Une petite stèle anonyme rendant hommage aux anciens combattants d’Afrique du Nord a été édifiée devant la mairie d’Auquemesnil dans les années 1990.

Il y également une plaque dédiée aux morts pour la France de St-Quentin-Bosc devant la mairie de cette commune. Une étude détaillée est accessible dans le compte-rendu du travail d’Alex Gal, élève de 1ère ES2 au lycée Anguier en 2012-2013.


Haut de page
Réalisé sous SPIP
Habillage ESCAL 5.5.23