A une entrée/sortie de la commune, le monument aux Morts fait référence à l’antiquité, et aux sauveurs de la Liberté.
Les 2X2 obus semblent constituer des petits "enclos sacrés" de plus en plus proches de la liste des Morts.
Ce monument stèle, surmontée d’une croix chrétienne, en principe interdite par la loi, fait référence à l’Antiquité, avec son personnage, drapé à l’antique, qui tend de sa main gauche 3 grands rameaux de chêne, olivier et laurier, très symboliques, vers la liste des Morts pour la France, avec l’association du mot Liberté. Les morts l’ont permise. Le personnage auréolé (la République ? la Victoire ?) tient également dans sa main droite la poignée d’une grande épée, qui paraît recouverte d’un tissu. La guerre est finie, les héros sont morts...
La citation "A nous le souvenir à eux l’immortalité" fait référence au Souvenir Français mis en place après la Guerre de 1870, et qui s’occupait (et s’occupe toujours) de l’entretien de la mémoire des conflits et des combattants, souvent avec l’apposition d’une cocarde tricolore sur les monuments/tombes isolées.
La dédicace est très classique.
La liste principale est alphabétique. Classiquement, sur la partie basse, on trouve la liste rajoutée de 1939-1945. Mais alors, que penser des plaques qui l’entourent ?S’agit-il de Morts pour la France de 1914-1918... sans doute absent de la liste principale car non déclaré Morts pour la France quand le monument fut construit, puis rajoutés ensuite ? Ou la plaque n’était pas assez grande, et alors, comment s’est fait le choix ?
Un monument à l’origine d’une polémique
« Ce relief antiquisant est une œuvre de série dont il existe plusieurs dizaines d’exemplaires. Le modèle fut réalisé dès 1916, au moment où la volonté d’ériger un monument dans chaque commune apparut. Maubert, sous l’égide du Souvenir Français (association d’entraide des Anciens Combattants) tenta alors d’imposer cette œuvre comme le monument "officiel" unique qu’il espérait vendre à toutes les communes. Il n’en fut rien, et l’œuvre comme la tentative de monopole générèrent, à l’époque, des critiques acerbes dans la presse, en particulier un article intitulé Monument "omnibus" dans Le Temps du 17 juin 1916, n° 20069, p. 5. Mais les nombreux exemplaires de la stèle portent toujours la devise du Souvenir Français : A nous le souvenir, à eux l’éternité. Grâce à un cachet gravé sur certains exemplaires, on sait que le moulage en pierre artificielle de l’œuvre était effectué par les Établissements Hubert Coignet et Cie, de Gennevilliers (Hauts-de-Seine), grands spécialistes du ciment. »
Extrait du site d’A. Choubard, les Monuments aux morts sculptés en France
Découvrir l’intégralité de l’article du Temps du 17 juin 1916