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Lycée Anguier - Mémoire des soldats de ma commune
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Mémoire des soldats de ma commune par les élèves du lycée Anguier à Eu. Ce site reprend les travaux des élèves du Lycée Anguier sur les monuments aux morts des communes du canton d’Eu en Seine Maritime d’où sont originaires les élèves. Ces recherches ont été réalisées sous la direction de Laurent Llopez, professeur d’histoire-géographie au lycée.

Les funérailles de poilus de Ponts-et-Marais.

Article(s) tiré(s) du "Messager Eudois", ancêtre de "L’Informateur" actuel, à propos des obsèques de poilus de Ponts-et-Marais inhumés après la guerre.


par Laurent Llopez

1922

26 février 1922, N°17

Obsèques d’un soldat

Lundi prochain, 27 février, à 10 h. 30, auront lieu en l’église de Ponts et Marais, les obsèques de M. Auguste Zéphyr, soldat au 282ème régiment d’infanterie, tombé au Champ d’honneur, à Souchez, le 28 septembre 1915, à l’âge de 20 ans.

Les Anciens Combattants sont invités à assister à l’inhumation.

5 mars 1922, N°19

Obsèques d’un soldat

Lundi dernier, ont eu lieu, en l’église de Ponts et Marais, les obsèques de M. Auguste Zéphir, soldat au 282ème régiment d’infanterie, décoré de la Médaille Militaire et de la Croix de Guerre, Mort pour la France, à Souchez, le 28 septembre 1915.

Parmi la nombreuse assistance venue témoigner sa sympathie à la famille et escorter le glorieux défunt à sa dernière demeure, l’on remarquait : la Compagnie des Sapeurs-Pompiers, la plupart des membres de l’Union des Anciens Combattants ; M. Mallet, maire de Ponts et Marais et la Municipalité ; M. le Commandant en retraite Pélegrine ; une délégation de la société de Secours-Mutuels, les enfants des écoles, etc…

Au cimetière, M. l’abbé Cottard, M. Mallet, maire, firent l’éloge du défunt et en termes émus retracèrent la grandeur de son sacrifice.
Puis M. Ternisien, président de l’Union des Anciens Combattants, prononça l’allocution suivante :

Mesdames, Messieurs,

Il faut être témoin d’une grande douleur pour sentir l’insuffisance des mots et leur impuissance à traduire les sentiments de condoléance que nous portons dans notre cœur. Cependant, au nom des Anciens Combattants et Mobilisés de la commune, je voudrais dire aux membres de la famille Zéphyr et en particulier à ce père si cruellement éprouvé, la grande part que nous prenons aujourd’hui à leur deuil renouvelé qui est aussi notre deuil.

Auguste Zéphyr fut un de nos meilleurs camarades. Dans cette commune qui le vit naître et où s’écoula sa jeunesse, il ne comptait que des sympathies ; tous, nous avions pu apprécier la loyauté de son caractère comme la franchise de son amitié. Entourant son vieux père de la plus filiale affection, il fut pour lui le plus ferme soutien jusqu’à l’heure où il répondit à l’appel du pays.

Nous sommes au début de l’année 1915 : la France, à cette époque critique, a besoin de tous ses enfants. Auguste Zéphyr, après quelques mois d’une hâtive préparation, se trouve jeté avec ses jeunes compagnons au plus fort des combats.

Hélas ! le destin de la guerre doit lui être fatal, et son nom en lettres d’or s’inscrira parmi les premiers dans la liste trop longue des glorieuses victimes de l’immense tragédie. Mais il ne tombera pas sans avoir fait ses preuves. Notre cher camarade a l’âme d’un héros ; dès ses premières armes, il montre les plus belles qualités de courage et de sang froid, toujours volontaire pour les missions les plus périlleuses, sa bravoure force bientôt l’admiration de ses camarades et lui vaut l’affectueuse sympathie de ses chefs. Il n’a que quatre mois de front lorsqu’il reçoit la Croix de guerre en récompense de sa brillante conduite et l’élogieuse citation à l’ordre de l’Armée qui signale sa vaillance nous montre qu’Auguste Zéphyr avait compris son devoir dans sa signification la plus haute et qu’il était prêt à verser tout son sang pour la défense de nos droits sacrés.

A ce cœur si héroïque, l’occasion du sacrifice sublime devait trop tôt se présenter. En septembre 1915, la bataille d’Artois fait rage, notre offensive se poursuit victorieuse et sanglante surtout… Auguste Zéphyr renouvelle là ses exploits, toujours à la tête de ses camarades, il montre à tous le plus bel exemple d’infatigable ardeur et d’intrépidité jusqu’à l’heure où, montant à l’assaut des tranchées ennemies, une balle allemande, reçue en plein front, le ravit à l’affection des siens, à l’aurore de sa jeunesse.


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