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Lycée Anguier - Mémoire des soldats de ma commune
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Mémoire des soldats de ma commune par les élèves du lycée Anguier à Eu. Ce site reprend les travaux des élèves du Lycée Anguier sur les monuments aux morts des communes du canton d’Eu en Seine Maritime d’où sont originaires les élèves. Ces recherches ont été réalisées sous la direction de Laurent Llopez, professeur d’histoire-géographie au lycée.

Les funérailles des soldats d’Etalondes.

Article(s) du "Messager Eudois" sur les funérailles de soldats tombés au "champs d’honneur" et enterrés à Etalondes. Demouchy Maurice (et sa citation)


par Laurent Llopez

Peu de soldats furent enterrés dans leur commune d’origine pendant la guerre. Après celle-ci, et après bien des débats (houleux) à la Chambre des députés, une loi va autoriser les familles qui en font la demande à récupérer les corps des membres de leur famille "Morts pour la France" et à les faire ré-inhumer dans leur cimetière communaux, à la place de rester dans les grands cimetières militaires français.

Inhumation d’un soldat mort au champ d’honneur.

Article du N° 21 du Message Eudois du 13 mars 1921 sur les funérailles d’un Mort pour la France d’Etalondes.

Jeudi dernier a eu lieu, dans le cimetière de cette paroisse, l’inhumation de Maurice Demouchy, soldat du 42ème régiment d’artillerie de campagne, décoré de la Croix de guerre, Mort pour la France sur le champ de bataille de Verdun en 1917.

Le corps, qui reposait au cimetière Marceau, aux avant-postes de Verdun, avait été ramené à Mancheville, par les soins de sa famille.

Une foule nombreuse et recueillie était venue rendre un dernier hommage au défunt et apporter aux parents si éprouvés leurs sympathiques condoléances.

Le cercueil, recouvert du drapeau tricolore et orné de nombreuses couronnes était porté par des jeunes gens de la commune, anciens combattants et camarades du défunt.

La classe 1921, autour de son drapeau, suivait le cercueil.

A l’église, tendue de noir, M. l’abbé Follin, curé de la paroisse, célébra la messe et donna l’absoute ; puis, en termes émus, il exalta le suprême sacrifice de Maurice Demouchy.

Au cimetière, Fernand Laboulais, ancien combattant et camarade du défunt, prononça le discours suivant :

Mon cher Maurice,

Ta glorieuse dépouille nous revient, et je ne veux pas laisser fermer ta deuxième tombe sans t’apporter l’hommage ému de tes camarades et de tous ceux qui t’ont connu.

Repose ici en paix, bien cher camarade ; repose en paix sur la terre que tu as connue et aimée, que tu as quittée plein d’ardeur et de vie, plein d’espérance aussi, mais que tu n’as pas eu le bonheur de revoir.

Tu nous reviens de Verdun. Verdun ! la plus glorieuse cité du monde. C’est en la défendant contre le plus formidable assaut que l’ennemi ait tenté ; c’est en barrant la route aux barbares ; c’est en donnant à l’univers le plus sublime exemple de grandeur humaine ; c’est en immortalisant la France que tu as été frappé mortellement.

« On ne passe pas », avaient dit les poilus de Verdun, et, malgré la rage de nos adversaires, malgré les centaines de mille hommes qu’ils ont criminellement sacrifiés, malgré les huit milliards que leur ont couté les seuls obus jetés sur Verdun, Verdun est restée inviolée, grâce à l’héroïsme de tous ceux, qui avec toi, ont trouvé la mort dans ce vaste champ de carnage qui fut le comble de la dévastation, où pas un arbre ne fut épargné, où la terre fut retournée plusieurs fois et où, cependant, des hommes dont la gloire ne fut jamais égalée, eurent le courage de subir l’assaut le plus infernal, le plus meurtrier, le plus acharné, le plus féroce.

Tu étais de ces braves, mon cher Maurice, et de ceux qui ont payé de leur sang la gloire immortelle de la France.

Le 24 octobre 1916, en récompense de ta bravoure, tu recevais la belle citation suivante :

« Très bon servant, énergique, dévoué et courageux. Blessé en amenant une pièce en position, sous un violent bombardement. »

Dix mois plus tard, tu étais frappé mortellement au fond d’Heurias, dans la Meuse.

Cité à Verdun, tué à Verdun, ce sont là deux beaux titres de gloire. Que tes parents en soit fiers, que ton héroïsme soit une consolation à leur immense douleur ; que ton père, ta mère, tes sœurs inconsolables puissent trouver un adoucissement à leur grand chagrin dans la satisfaction de te savoir là, tout près d’eux, et dans la grande part que nous prenons à leur profonde tristesse.
Ton souvenir restera à jamais gravé dans nos cœurs. Au nom de tous tes anciens camarades de la commune, au nom de l’affection particulière que j’avais pour toi, je t’adresse, mon cher Maurice, le dernier adieu !

Que Maurice Demouchy, « cité à Verdun, tué à Verdun », repose en paix, au milieu des siens, dans cette terre natale, qu’il a sauvée avec ses glorieux camarades à l’heure la plus critique de notre histoire.

Son souvenir ne périra pas !

Nous renouvelons à la famille de ce brave nos biens vives condoléances.

Dans le Messager Eudois du 12 juin 1921, N°47 se trouve un arrêté ministériel attribuant la Médaille militaire à Maurice-Charles Demouchy, du 46ème régiment d’artillerie.

Excellent cannonier. Tué glorieusement à son poste de combat, le 21 août 1917, à Verdun, en faisant vaillamment son devoir. Croix de guerre avec étoile d’argent.


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