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Lycée Anguier - Mémoire des soldats de ma commune
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Mémoire des soldats de ma commune par les élèves du lycée Anguier à Eu. Ce site reprend les travaux des élèves du Lycée Anguier sur les monuments aux morts des communes du canton d’Eu en Seine Maritime d’où sont originaires les élèves. Ces recherches ont été réalisées sous la direction de Laurent Llopez, professeur d’histoire-géographie au lycée.

Commémorer la fin de la Grande Guerre en 1919. (MAJ 22/05/2016)

Le "défilé de la Victoire" : une grande cérémonie "mémorielle et patriotique" de 1919.


par Laurent Llopez

Le 14 juillet 1919, un défilé militaire pour célébrer la Victoire.

N.B. : les passages en italique sont extraits d’une communication de Véronique Goloubinoff Chargée d’études documentaires, Fonds Première Guerre Mondiale, ECPAD – juin 2009

Institué par la IIIème République en 1880, le défilé militaire du 14 juillet était un moyen pour montrer le renouveau militaire français après 1870 et pour célébrer l’Armée française, instrument probable de la « Revanche » et aussi facteur d’unité de la société française, à travers le mélange des classes sociales dans ses rangs.
Avec la Grande Guerre, il n’est pas stoppé, mais a désormais lieu sur les Champs-Elysées, avec des délégations des armes et des pays alliés.
Le 14 juillet 1919 est l’occasion de célébrer à la foi la Victoire (la conférence de Versailles s’achève le 28 juin 1919), mais aussi le rôle des alliés et celui de l’armée française, qui a tenu, pendant 52 mois face à l’Allemagne impériale.
Pour la préparation, «  c’est le ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts [qui] est initialement chargé de l’organisation des fêtes de la Victoire et a prévu un cadre décoratif imposant. Un grand cénotaphe de bois, de toile et de stuc, flanqué de faisceaux de lances disposés dans les angles et de Victoires aux ailes repliées, a été édifié sous l’Arc de Triomphe, portant l’inscription « Aux morts pour la patrie  » ».

Tout ceci s’accompagne d’une décoration imposante sur le parcours du défilé, avec, sur le rond-point des Champs-Elysées des amoncellements de « butin de guerre », à savoir des canons allemands surmontés par des coqs vengeurs...

L’Armée, 2 semaines avant le 14 juillet reprend l’organisation, qui n’est pas assez avancée.

La première manifestation officielle se déroule le dimanche 13 juillet après-midi, à l’Hôtel de Ville : c’est la remise aux trois maréchaux de France, Pétain, Joffre et Foch, des épées commandées pour eux par les édiles parisiens, ainsi que la distribution de fourragères de soie écarlate aux vingt-deux régiments qui ont conquis la fourragère rouge [ceux qui ont eu le plus de citations en tant qu’unités], en présence des chœurs de l’Opéra, groupés sur le terre-plein central de la place. Les vingt-deux drapeaux, ceux de la Légion étrangère, du régiment colonial du Maroc, des fusiliers-marins et bien d’autres sont là, portés par les colonels de chaque régiment ; l’étendard du 2e régiment de marche de tirailleurs est « si glorieusement usé » qu’il a fallu l’envelopper dans un filet. Le maréchal Pétain circule dans les rangs, s’entretenant avec les porte-drapeaux et les soldats. Après la remise des épées, un lunch et un concert ont lieu dans la salle des fêtes du bâtiment et dans la cour d’honneur.

Le 13 juillet au soir a lieu une veillée en souvenir des morts, au pied du cénotaphe,

près duquel des cuirassiers et des représentants de diverses unités montent la garde. À 10 heures, Georges Clemenceau, président du Conseil, vient se recueillir. Après lui se succèdent plusieurs délégations : conseil municipal, Ligue des mutilés, Ligue des patriotes… Des veuves, des enfants et des blessés sont présents. En pleine nuit, on déplace ensuite avec difficulté l’édifice vers un côté de l’avenue des Champs-Élysées, afin de permettre le passage des troupes sous l’Arc de Triomphe.

Le lendemain, les officiels arrivent dès 8 heures à la tribune présidentielle, installée en face du cénotaphe, de l’autre côté de l’avenue. À sa base, un groupe d’Alsaciennes et de Lorraines en costume traditionnel saluent les arrivants. Les unités s’apprêtant à défiler sont rassemblées à la Porte Maillot. Le maréchal Pétain se rend au point de concentration des troupes françaises, dans le bois de Boulogne. Les maréchaux Joffre et Foch écoutent un discours du maire, M. Evain, se terminant par ces mots

« Messieurs les maréchaux, les portes de Paris vous sont ouvertes ». Tous deux remontent alors l’avenue de la Grande Armée jusqu’au cénotaphe pour un dépôt de gerbe puis redescendent vers la Porte Maillot avec leurs chefs d’état-major.

Le défilé peut alors commencer, pour un parcours d’environ sept kilomètres, depuis Neuilly jusqu’à la place de la République, en présence de centaines de milliers de personnes massées sur les trottoirs, certaines depuis la veille au soir.

Précédés de la musique du 28e régiment d’infanterie, les mutilés défilent en premier, conduits par Maginot, député de la Meuse, amputé d’une jambe : un infirme couché sur une civière roulante, des invalides en fauteuil, des boiteux, des aveugles et des « gueules cassées ».

Viennent ensuite un capitaine et deux fantassins qui symbolisent l’ensemble des combattants anonymes, puis Joffre et Foch,

précédés de gardes républicains. Les nations alliées défilent alors par ordre alphabétique : les Américains, le général Pershing à leur tête,

les Belges avec le général Gillain, les Britanniques sous les ordres du maréchal Haig,

et avec eux tout l’empire – Australiens, Canadiens du général Byng, Sud-Africains, Sikhs. Les Italiens s’avancent, le fusil à l’horizontale à la main droite, conduits par le général Montuori

. L’armée hellénique est précédée d’evzones au costume typique [uniforme grec de parade]

. Défilent aussi les Polonais en chapska carrée, les Portugais, les Roumains, les Serbes coiffés de leur shako fendu, les Siamois et les Tchéco-Slovaques

.
Le maréchal Pétain ouvre ensuite la marche des troupes françaises sur son cheval blanc Émir, avec son état-major

. Le général de Castelnau, qui a perdu trois fils morts au combat, le suit, puis le général Berdoulat, gouverneur de Paris, suivi d’une compagnie d’infanterie territoriale.
Tous les officiers généraux passent à cheval : Gouraud

, Humbert, Maistre, Fayolle, Mangin


Seul l’amiral Ronarch’ défile à pied avec ses fusiliers-marins

. Le colonel Rollet est à la tête de ses légionnaires. Le lieutenant Fonck, porte-drapeau des aviateurs

, n’a pas obtenu la permission de survoler les Champs-Élysées, de peur d’un accident. Une section cynophile prend également part au défilé.

Après les troupes à pied arrive la cavalerie sous les ordres du général Féraud. Neuf chars d’assaut du général Estienne ferment la marche

.
L’ensemble des troupes passe par la place de la Concorde

, survolée par un ballon d’observation, les Tuileries, la rue Royale, la Madeleine, l’Opéra, le boulevard Montmartre, le Faubourg-Saint-Denis, pour arriver place de la République, où a lieu la dispersion des unités.

La foule en liesse se répand ensuite dans les rues et la journée se clôt par un feu d’artifice et des illuminations, notamment celle de la tour Eiffel, rallumée après cinq années d’extinction.


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