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Publié : 8 février 2015

Un Eudois prisonnier de guerre pendant quasiment toute la Grande Guerre : DELIGNIERES Gaston Jules Léon.

A l’occasion de l’exposition organisée par les enseignants d’Histoire et Géographie du lycée Anguier en novembre 2014 pour commémorer le Centenaire de la grande Guerre, le voile a pu être levé sur un certain nombre d’eudois "anonymes" de la Grande Guerre. Le plus souvent de simples soldats qui sont restés dans l’ombre des généraux et des officiers… Tel Delignières Gaston Jules Léon… qui n’a connu de la guerre que le mois d’août 1914, avant d’être capturé et interné en Allemagne.

Le documents suivant provient d’un prêt de M. DAVID Jean, un eudois, qui nous a contacté pour nous proposer le prêt d’objets sur 1914-1918. Qu’il en soit chaleureusement remercié. De même que Mme PETIT, adjointe à la Mairie de Eu, qui nous a signalé auprès de M. David.

Gaston Delignières est né le 7 février 1886 à Eu, sûrement Rue de Normandie (lieu de résidence de ses parents [Jules et Marie]). Au moment de son incorporation, en 1907, dans le 20ème bataillon de chasseurs à pied, il mesure 1.61 m, a les yeux bleus, le menton à fossette, un nez fort dans un visage ovale. Il a suivi une formation d’infirmier et a été promu caporal en septembre1908.

Cassé de son grade en mars 1909, il est passé au 17ème BCP, et reçoit à sa libération le certificat de bonne conduite.

C’est à Bouillancourt-en-Séry, dans la Somme, où il s’est installé en décembre 1910 qu’il reçoit son ordre de mobilisation le 4 août 1914.

Il paraît être affecté au 28ème RI (11ème brigade, 6ème Division,3ème CA, 5ème Armée Lanrezac), et a combattu en Belgique puis sur la Sambre, en retraitant devant l’aile marchante allemande.

Pour lui, la guerre se termine le 29 août (d’après son registre matricule) 1914 à Macquigny, près de Guise le 29 août 1914, lors de la bataille qui a fait infléchir l’avancée de l’armée allemande et a contribué à la victoire française de la Marne en septembre. L’Armée Lanrezac a payé un lourd tribu pour obtenir ce résultat.
Fait-il partie des 690 hommes blessés, tués ou disparus du 28 août ? des 2 brancardiers blessés le 29, ou des 147 soldats tués, blessés ou disparus du 30 août ?

Capturé et interné à Sennelager (nord-ouest de l’Allemagne), il va y séjourner toute la guerre, jusqu’à sa libération le 25 décembre 1918…

De cette période de captivité, il ne semble rester que cette carte-photo du 2 septembre 1917…

Aucune indication de grade ou d’unité sur la tenue militaire de Gaston. D’ailleurs, aucun signe distinctif de son état de prisonnier…
Son air est grave, fermé, les pommettes sont saillantes…
Quant à son courrier, il est étrangement" banal" (pour éviter le censure ?).

Il se préoccupe de l’état de santé de ses parents, rassure sur le sien, et s’inquiète des futures semailles agricoles…

Telle paraît être la triste vie des prisonniers de guerre… Attendre…